Protection des plantes

Chenilles processionnaires du pin et du chêne : risques et lutte

Les processionnaires du pin et du chêne n’apparaissent pas au même moment, mais leurs poils peuvent provoquer des réactions graves. Apprenez à les reconnaître sans les approcher et à choisir une réponse adaptée à leur stade.

Par La rédaction d’Entretien Espaces Verts Publié le Temps de lecture : 9 min
Nid de processionnaires du pin dans les branches d’un arbre, observé à distance en fin d’hiver
Illustration générée.

À retenir

  • Les chenilles du pin sont surtout visibles en hiver et au début du printemps, celles du chêne au printemps et en été.
  • Les poils urticants se dispersent dans l’air et restent dangereux dans les nids, les mues et les zones contaminées.
  • Éloignez enfants et animaux, ne touchez pas les chenilles et ne tentez pas de décrocher un nid.
  • La méthode de lutte dépend de l’espèce, du stade des chenilles, de la hauteur du nid et de la fréquentation du site.
  • La présence des processionnaires peut entraîner des mesures locales, mais les obligations précises dépendent des arrêtés applicables.

Les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont des insectes différents, avec des périodes d’activité et des solutions de lutte qui ne se confondent pas. Toutes deux libèrent des poils urticants susceptibles de provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires.

La priorité est de garder vos distances et de protéger les personnes et les animaux. N’essayez pas de manipuler les chenilles ou leur nid : une intervention adaptée dépend de l’espèce, de la saison et de l’emplacement.

Reconnaître les processionnaires du pin et du chêne

Les deux espèces construisent des nids de soie et se déplacent parfois en file. Leur période d’observation et l’aspect des nids aident à les différencier, mais une identification à distance reste préférable. Une vieille toile ou un nid vide ne signifie pas que la zone est sans danger : des poils peuvent y subsister.

CritèreProcessionnaire du pinProcessionnaire du chêne
EspèceThaumetopoea pityocampaThaumetopoea processionea
Période habituelleAutomne et hiver dans le nid, descente souvent en fin d’hiver ou au printempsChenilles surtout au printemps et en été
Emplacement caractéristiqueNid de soie blanc, souvent visible à l’extrémité des branches de pinNids de soie plaqués sur le tronc ou les branches de chêne
DéplacementProcession fréquemment observée au sol lors de la descente pour s’enfouirDéplacements sur le tronc ou les branches, souvent moins visibles en journée

Ces repères varient selon la région, l’altitude, la météo et l’année. Une saison douce peut avancer ou prolonger l’activité. Les chenilles du pin passent l’hiver dans leur nid, puis descendent généralement au sol pour s’y enfouir et se transformer. Celles du chêne sont surtout actives lorsque les feuilles sont présentes, avec des nids visibles au printemps ou en été.

Ne vous approchez pas pour examiner une chenille, une procession ou un nid. Si l’identification conditionne une intervention, demandez conseil à la mairie, à un professionnel ou à un service local compétent. Pour les autres ravageurs du jardin, les principes d’observation et de prévention sont détaillés dans notre guide pour protéger les végétaux des ravageurs et des maladies.

Comprendre les risques liés aux poils urticants

Les chenilles possèdent des poils microscopiques qui contiennent une substance irritante. Ils peuvent se détacher et être transportés par l’air, notamment quand les chenilles sont dérangées, qu’un nid est touché ou qu’il se dégrade. Il n’est donc pas nécessaire de toucher directement une chenille pour être exposé.

Les réactions possibles comprennent :

  • des démangeaisons, rougeurs, plaques ou boutons sur la peau ;
  • une irritation des yeux, avec larmoiement ou douleur ;
  • une gêne respiratoire, une toux ou une réaction allergique ;
  • plus rarement, une réaction générale nécessitant une prise en charge rapide.

Les symptômes peuvent apparaître après l’exposition et s’aggraver en cas de contacts répétés. Les poils présents sur un vêtement, un outil, une terrasse ou près d’un ancien nid peuvent aussi provoquer une réaction. N’utilisez pas un souffleur ou un jet puissant pour nettoyer la zone, car cela risque de remettre les poils en suspension.

Les chiens et les chats sont particulièrement exposés lorsqu’ils reniflent ou lèchent une chenille. Chez le chien, le contact avec la langue peut provoquer une inflammation sévère et des lésions parfois graves. Si un animal a pu entrer en contact avec des chenilles, contactez immédiatement un vétérinaire. Ne tentez pas d’examiner sa bouche à mains nues.

Éviter le contact et sécuriser les abords

Dès que vous repérez des chenilles ou un nid, éloignez les enfants et les animaux. Délimitez la zone sans vous approcher du nid, puis évitez les jeux, le jardinage et le passage sous les branches concernées. Si l’arbre se trouve dans un espace fréquenté, signalez rapidement sa présence au gestionnaire ou à la mairie.

Ne touchez pas les chenilles, même mortes, et ne secouez pas les branches. Évitez également de balayer à sec les poils ou les mues. Si vous pensez avoir été exposé, éloignez-vous de la zone, retirez les vêtements concernés sans les secouer et lavez-les séparément selon les indications de leur étiquette. Rincez la peau à l’eau et au savon sans frotter. En cas de doute sur la conduite à tenir, demandez conseil à un professionnel de santé.

Pour les travaux à proximité d’un arbre infesté, ne vous équipez pas simplement de gants de jardinage et d’un masque ordinaire en pensant être protégé. Le niveau d’équipement dépend du risque et de l’intervention. Les protections adaptées aux travaux de jardin ne remplacent pas les équipements et procédures nécessaires au retrait d’un nid dangereux.

Choisir une méthode de lutte adaptée au stade

Une méthode efficace au bon stade n’est pas forcément adaptée à une autre période. Avant toute action, identifiez l’espèce, vérifiez si les chenilles sont encore dans leur nid ou ont commencé leur procession, et évaluez la proximité des habitations, des écoles, des aires de jeux et des animaux.

MéthodePériode ou stade adaptéPoints de vigilance
Surveillance et balisageDès le repérage d’un nid ou d’une processionÉcarter le public et faire intervenir si le site est fréquenté
Piège à collier sur le troncAvant la descente des chenilles du pinInstaller le dispositif selon sa notice et vérifier qu’il est bien ajusté à l’arbre
Traitement biologique ciblé au BtkSur les jeunes larves, à une période propre à chaque espèceProduit autorisé, conditions d’emploi respectées et protection des autres chenilles de papillons
Piège à phéromonesPendant le vol des papillons adultesSert surtout à la surveillance ou à réduire localement les accouplements, sans supprimer les nids présents
Retrait du nidQuand le nid présente un risque et que les conditions d’intervention le permettentÀ confier à un professionnel équipé, surtout en hauteur ou près du public

Processionnaires du pin

Les pièges à collier se posent autour du tronc avant la descente des chenilles, souvent en fin d’hiver ou au début du printemps selon les régions. Ils interceptent les chenilles qui cherchent à rejoindre le sol. Ils ne traitent pas les nids déjà présents dans les branches et ne dispensent pas de rester à distance. Suivez la notice pour la pose, le contrôle et le retrait du dispositif, ainsi que pour la gestion des chenilles capturées.

Un traitement à base de Bacillus thuringiensis subsp. kurstaki (Btk) peut viser les jeunes chenilles lorsqu’elles s’alimentent. La période d’application dépend de leur stade et des conditions locales. Le Btk agit aussi sur des chenilles d’autres papillons : il ne doit pas être appliqué sans discernement. Vérifiez l’autorisation du produit, son usage prévu et toutes les consignes de l’étiquette. Pour un arbre haut ou proche de lieux fréquentés, faites évaluer la situation par un professionnel.

Processionnaires du chêne

Les jeunes larves peuvent également être ciblées par un traitement adapté, à condition d’intervenir au bon stade et avec un produit autorisé pour cet usage. Les chenilles étant souvent présentes dans la ramure, l’accès et la dérive du produit doivent être pris en compte. Une intervention mal ciblée peut exposer les personnes et des insectes non visés.

Les pièges à phéromones sont généralement utilisés pendant la période de vol des papillons adultes. Ils aident surtout à suivre leur présence et ne détruisent ni les chenilles ni les nids déjà installés. Ils ne remplacent donc pas le balisage ou le retrait d’un nid menaçant.

Le retrait mécanique d’un nid nécessite des protections, un matériel et une méthode de collecte adaptés. Ne le faites pas vous-même avec une perche, une échelle, un sécateur ou un jet d’eau. Évitez aussi de brûler un nid : cette opération peut disperser des poils et provoquer un départ de feu.

Pour organiser des travaux en hauteur ou vérifier la compétence d’un intervenant, consultez nos conseils pour choisir un jardinier ou paysagiste et pour élaguer un arbre en sécurité.

Quand faire intervenir un professionnel

Faites appel à un professionnel lorsque le nid est en hauteur, proche d’une porte, d’une terrasse, d’une école ou d’un passage fréquenté, ou si des personnes et des animaux ne peuvent pas être maintenus à distance. C’est également la meilleure option si vous devez intervenir sur un arbre fragile, près de lignes ou avec un accès difficile.

Décrivez l’espèce supposée, l’emplacement du nid, sa hauteur et la fréquentation des lieux. Demandez quelles mesures de protection seront prises, comment les déchets seront récupérés et quelle méthode est prévue. Un devis doit préciser le périmètre de l’intervention et les éventuels travaux complémentaires. Le retrait d’un nid ne garantit pas l’absence de chenilles sur d’autres arbres ni de nouvelle infestation l’année suivante.

Dans une copropriété, informez le syndic et ne laissez pas chaque occupant intervenir de son côté. Pour organiser la surveillance et les travaux dans les parties communes, reportez-vous aux conseils sur l’entretien des espaces verts en copropriété. Pour un arbre présentant un risque de chute ou nécessitant une intervention plus large, un diagnostic et un devis d’élagage peuvent être nécessaires.

Vérifier les obligations locales et les consignes sanitaires

Les processionnaires du pin et du chêne figurent parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine, inscrites par le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022. Cette reconnaissance ne signifie pas que chaque propriétaire doit automatiquement traiter tout arbre infesté dans les mêmes conditions partout en France.

Des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent préciser les mesures à prendre dans une commune ou un secteur : surveillance, signalement, lutte ou obligation d’intervention. Les règles peuvent aussi concerner les espaces publics, les établissements accueillant des enfants ou les arbres situés près des zones fréquentées. Renseignez-vous auprès de la mairie ou de la préfecture avant de choisir une méthode, notamment si vous êtes propriétaire, bailleur ou gestionnaire d’un espace collectif.

Les consignes sanitaires locales peuvent évoluer selon la situation et la saison. En cas de doute, signalez le nid à la mairie et demandez si un arrêté ou un dispositif de prise en charge s’applique. Pour les travaux d’entretien réalisés à proximité d’habitations, tenez également compte des règles locales sur les interventions dans le jardin et du voisinage.

Les gestes à retenir face aux processionnaires

  • Repérez l’espèce à distance, sans toucher les chenilles ni le nid.
  • Éloignez enfants et animaux, puis balisez l’accès à la zone.
  • Ne secouez pas les branches, ne balayez pas à sec et ne brûlez pas le nid.
  • Choisissez la méthode selon l’espèce, le stade et la fréquentation du lieu.
  • Confiez le retrait d’un nid haut ou dangereux à un professionnel équipé.
  • Vérifiez auprès de la mairie les arrêtés et consignes applicables à votre adresse.
  • En cas de symptômes importants ou d’exposition d’un animal, demandez rapidement un avis médical ou vétérinaire.

Questions fréquentes

Comment savoir si les chenilles sont celles du pin ou du chêne ?

Les processionnaires du pin forment souvent des nids blancs de soie aux extrémités des branches et sont surtout présentes en hiver et au début du printemps. Celles du chêne construisent plutôt des nids plaqués sur le tronc ou les branches, au printemps et en été. Ces repères ne suffisent pas toujours à une identification certaine : observez à distance et ne touchez jamais le nid.

Les poils urticants restent-ils dangereux après le départ des chenilles ?

Oui. Un nid ancien, des mues ou des poils déposés sur le sol et les objets peuvent encore provoquer une réaction. Ne décrochez pas un nid qui paraît vide et ne nettoyez pas la zone au souffleur ou au jet puissant. Éloignez les personnes et les animaux, puis demandez conseil à la mairie ou à un professionnel si le nid doit être retiré.

Que faire si mon chien a touché une chenille processionnaire ?

Contactez immédiatement un vétérinaire, même si les symptômes semblent encore limités. Les poils peuvent provoquer des lésions sévères, notamment sur la langue. Éloignez l’animal de la zone et ne manipulez pas sa bouche à mains nues. N’attendez pas l’apparition d’un gonflement ou d’une gêne importante pour appeler.

Peut-on enlever soi-même un nid de chenilles processionnaires ?

Il est déconseillé de retirer soi-même un nid, surtout s’il est en hauteur, près d’un lieu de passage ou au-dessus d’une terrasse. Le découper, le secouer ou le brûler peut disperser les poils urticants. Un professionnel choisira les protections, l’accès et la méthode de collecte adaptés. En attendant, maintenez enfants et animaux à distance.

La lutte contre les chenilles processionnaires est-elle obligatoire partout en France ?

Non, l’inscription des processionnaires parmi les espèces nuisibles à la santé ne crée pas à elle seule une obligation identique pour tous les propriétaires. Des arrêtés locaux peuvent imposer ou organiser des mesures dans certains secteurs. Vérifiez les règles auprès de votre mairie ou de votre préfecture, en particulier si l’arbre se trouve près d’un espace fréquenté.